Le rétrécissement Mitral et ses traitements chirurgicaux

Le rétrécissement mitral est la plus fréquente des valvulopathies traitées par la chirurgie des valves cardiaques.

Présentation et origine

Le rétrécissement mitral est une diminution de l’orifice de la valve mitrale due à une mauvaise ouverture des valvules. Il constitue un obstacle au passage du sang depuis l’oreillette gauche vers le ventricule gauche entraînant une augmentation de pression dans l’oreillette gauche qui peut être responsable d’un œdème du poumon. Le rétrécissement mitral est défini par une surface inférieure à 2cm² et devient serré pour une surface inférieure à 1,5 cm².

La principale cause de rétrécissement mitral est le rhumatisme articulaire aigu (maladie de l’enfance qui survient à la suite d’une angine due à un streptocoque hémolytique, devenue rare dans les pays développés). Plus rarement, le rétrécissement mitral peut être d’origine congénitale.

Symptômes du rétrécissement mitral

Le rétrécissement est en général progressif et les symptômes apparaissent souvent après plusieurs années, d’abord uniquement à l’effort puis dans les stades plus évolués au repos :

  • Essoufflement
  • Palpitations (trouble du rythme)
  • Œdème pulmonaire d’effort
  • Asthénie d’effort

Les traitements du rétrécissement mitral

Si le rétrécissement n’est pas serré, le traitement est essentiellement médical par diurétiques (médicaments augmentant l’élimination des urines) pour faire baisser la pression dans l’oreillette gauche. Votre médecin pourra également vous conseiller d’arrêter de fumer, d’adopter un régime pauvre en sel et d’éviter les efforts trop importants.

Il est également important de savoir que cette maladie comporte un risque d’infection de la valve qui peut être très grave. Pour diminuer ce risque, il vous est conseillé de respecter une bonne hygiène bucco-dentaire.

Si le rétrécissement est symptomatique, serré ou mal toléré, on propose alors un traitement soit de valvuloplastie soit chirurgical.

La valvuloplastie

L’intervention proposée en première intention est une chirurgie mini invasive appelée valvuloplastie percutanée. Elle consiste à introduire un cathéter muni d’un ballonnet au niveau d’une veine fémorale que l’on remonte jusqu’à la valve mitrale. Ce ballonnet est ensuite gonflé pour dilater et ouvrir la valve. Une fois la valve dilatée le cathéter est retiré.
Cette intervention est réalisée sous anesthésie locale par les cardiologues interventionnels et ne nécessite pas de circulation extracorporelle ni de sternotomie. Cette technique nécessite une valve non calcifiée et l’absence de fuite mitrale importante associée.

Le remplacement valvulaire

Dans certains cas, le rétrécissement est trop serré pour avoir recours à la valvuloplastie percutanée, on propose alors une chirurgie plus invasive : le remplacement valvulaire mitral.